En 2021, un nombre croissant d’entreprises s’est prêté au calcul de leur index égalité Femmes Hommes. L’amélioration des statistiques 2021 n’empêche toutefois pas quelques déceptions. En effet, certains indicateurs restent résolument à la traîne. Pour accélérer la progression, un décret de mars 2021 fixant les conditions de publication des résultats des entreprises devrait inciter les entreprises à prendre la mesure du sujet.

 

L’égalité Femmes Hommes : un combat qui fait toujours sens en 2021

Des inégalités qui persistent en 2021

En France, bien que l’égalité entre les femmes et les hommes ait été décrétée première cause nationale du quinquennat, faire bouger les lignes reste complexe. En particulier s’agissant de l’accès des femmes aux postes à haute responsabilité. Ainsi, dans un livret remis en janvier 2021, le Haut Conseil à l’Egalité constate que :

L’index égalité Femmes Hommes : pour quoi faire ?

Ainsi, en obligeant les entreprises à calculer un index égalité Femmes Hommes et en les exposant à des sanctions en cas de mauvaise note durable,  il est tentant de penser que les écarts se réduiraient mécaniquement.

Pour rappel, l’index se compose de 4 à 5 critères comparant les hommes et les femmes, selon la taille de l’entreprise :

En-deçà d’une note de 75 sur 100, l’entreprise dispose de 3 ans pour mettre en place des mesures correctrices. Si, à l’issue de ce délai, sa note ne se hisse pas à plus de 75, elle s’expose alors à des pénalités financières pouvant atteindre 1% de sa masse salariale. Il s’agit donc d’une véritable obligation de résultat pour les entreprises. De même, cette pénalité financière peut s’appliquer en cas de non publication de l’index.

Le bilan 2021 de l’index Egalité Femmes Hommes (source : Ministère du Travail)

A première vue, la situation semble s’améliorer puisque la moyenne nationale de l’index égalité Femme Homme est passée de 84 sur 100 à 85 sur 100 (+1 point), toute taille de société confondue. En particulier, les entreprises de plus de 1000 salariés sont sur la bonne voie avec une note moyenne de 88,3 (+0,9 point).

Toutefois, la part d’entreprises ayant obtenu une note supérieure à 75 reste modeste à 56% (+1 point). Preuve que le chemin est encore long. Plus spécifiquement, 2 indicateurs continuent de stagner :

Jusqu’ici, le non respect des obligations liées à l’index a donné lieu à 11 pénalités financières et 300 mises en demeure.

Vers un renforcement de l’obligation de communication de l’index Egalité Femmes Hommes

Un décret du 10 mars 2021 ajoute un palier supplémentaire dans l’objectif de réduction des écarts salariaux. En effet, le décret indique plus précisément les modalités de publication de l’index. Ainsi, :

L’index égalité Femmes Hommes : un outil pour le CSE

L’employeur doit communiquer l’index Egalité Femmes Hommes au CSE. Il servira en particulier dans le cadre de la consultation sur la politique sociale de l’entreprise, au cours duquel le CSE devra donner un avis sur l’égalité Femmes Hommes.

Mais bien qu’utile, cet outil reste limité. En effet, pour lutter contre les inégalités entre les sexes, le CSE ne pourra s’en contenter. Il devra également s’appuyer sur les informations données dans la BDES. En outre, le CSE peut faire appel à un expert pour l’assister dans le cadre de cette consultation.

En effet, l’avis du CSE sur ce thème nécessite une argumentation solide. C’est sur cette base que les délégués syndicaux devront ensuite négocier auprès de la Direction un accord égalité Femmes / Hommes (et Qualité de Vie au Travail).

 

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